Avec une conjoncture mondiale aussi incertaine, les investisseurs ne sont pas à la noce. Ils doivent fuir l’Europe qui se délite, se méfier de la reprise molle des Etats Unis, et redouter l’essoufflement des pays asiatiques. Mais le Wall Street Journal indique que certains d’eux ont eu une idée inattendue : ils investissent au Venezuela.
Depuis peu, le cours des obligations souveraines du pays a augmenté, tandis que les taux d’intérêt sont retombés. L’indice du marché boursier vénézuélien a doublé cette année, et selon la société de courtage new yorkaise Auerbach Grayson, il enregistre même désormais la meilleure performance du monde. Le marché obligataire du pays affiche également l’une des meilleures performances des pays émergents, et l’indice JP Morgan sur les obligations vénézuéliennes en dollar a augmenté de 9,5% depuis décembre, contre 3,67% pour l’indice de cette banque sur les marchés obligataires des pays émergents.
Comment expliquer l’enthousiasme des investisseurs pour ce pays ? Il se base en réalité sur des considérations très cyniques. Le président Hugo Chavez, au pouvoir depuis 13 ans, est atteint d’un cancer, et selon les analystes, il ne pourra pas gagner les élections qui doivent avoir lieu en octobre prochain. Les investisseurs jugent que les valorisations des entreprises vénézuéliennes ont souffert de la gestion de Chavez, et que même une légère amélioration des perspectives du pays leur permettra de réaliser de confortables plus-values.
Les Vénézuéliens doivent voter le 7 octobre prochain, et l’opposant le plus sérieux de Chavez est le gouverneur de l’Etat de Miranda, Henrique Capriles Radonski. Beaucoup estiment que quelque soit le nouveau dirigeant, il devra procéder à une sérieuse dévaluation de la monnaie, qui améliorera la compétitivité des entreprises, mais génèrera aussi de l’inflation.
Certains investisseurs craignent que la transition avec un nouveau gouvernement s’accompagne de troubles sociaux, parce que l’armée soutient Chavez, comme les millions de pauvres du pays qui dépendent des transferts sociaux. D’autres redoutent aussi que le nouveau gouvernement ne mette pas fin à la pratique de Chavez de nationaliser les entreprises étrangères.
Toujours est-il que sur les 3 dernières années, les sommes dues à des créanciers étrangers ont doublé dans le pays, pour atteindre 96,7 milliards de dollars à la fin 2011.
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